La newsletter du centre hospitalier

Numéro 56 spécial vœux - Février 2018

 

 

Je m’adresse à vous, à ces femmes et ces hommes qui font l’hôpital et je vais formuler deux voeux pour cette année 2018 : que chacun d’entre nous continue à chercher à comprendre les contraintes de l’autre, cela facilitera les échanges, permettra de trouver des solutions équilibrées ; que chacun d’entre nous continue à s’imposer cette exigence d’honnêteté intellectuelle qui permettra de créer les conditions de la confiance. Actuellement, ces deux conditions président à l’ensemble de nos débats dans nos différentes instances dont je me permets de louer la qualité des échanges et la responsabilité de chacun. Le maintien de cet environnement favorable est le fruit d’une rigueur quotidienne qu’il convient de s’imposer si on souhaite que l’hôpital public puisse faire face aux défis auxquels il est confronté.

Sylvain GROSEIL, directeur du CHIPS

 

Les vœux du directeur (extraits du discours de Sylvain GROSEIL)

L’hôpital public est, depuis de nombreux mois, l’objet de toutes les attentions journalistiques. On voit se multiplier les reportages TV dénonçant cette course à la productivité générée par la tarification à l’activité (T2A), soulignant également une déshumanisation des soins qui y sont prodigués… En parallèle, de nombreuses tribunes dénoncent les actes inutiles prescrits, la multiplication par trois du déficit des établissements publics de santé le portant à 1,5 milliards d’Euros. Au fond, l’hôpital public ne serait qu’un lieu déshumanisé obnubilé par une recherche permanente de l’efficience purement économique, un lieu dans lequel le soin finirait par être absent.

En tant que directeur d’hôpital, même intérimaire, on s’interroge : l’hôpital tel qu’on le décrit à l’extérieur de nos murs est-il vraiment l’hôpital que je vois évoluer tous les jours ? Les soignants, médecins comme non médecins, que je croise chaque jour sont-ils si déshumanisés qu’on veut le laisser croire ? L’hôpital de 2018 aurait-il oublié sa mission première qui n’est autre que de soigner et chercherait-il uniquement à faire du profit comme je peux parfois le lire ? L’hôpital serait-il réduit à écrire de beaux projets empreints de belles intentions, avec une réalité quotidienne différente ? Le directeur d’hôpital serait-il limité à n’être qu’un gestionnaire de tableur Excel ? Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) seraient-ils une strate administrative supplémentaire conduisant à une massification des structures hospitalières oubliant chaque jour un peu plus la logique de proximité ?

 

 

Des femmes et des hommes investi·e·s, avec un sens aigu du service public

J’ai toujours considéré que mon métier ne devait pas s’exercer derrière mon bureau mais au plus près du terrain. Alors, pour ce discours de voeux, j’ai décidé d’évoquer avec vous quelques scènes vécues chaque jour auprès de ces professionnels que je côtoie depuis maintenant quatre ans en me demandant si l’image qui est véhiculée dans les médias est celle que je constate chaque jour.

Je repense à cette journée passée aux côtés d’une aide-soignante de Rôpital au cours de laquelle je suis resté admiratif devant le dévouement de cette professionnelle dans la prise en charge des résidents ; je me remémore les différents staffs de bloc opératoire où, à chaque fois, le patient est au coeur des préoccupations et où, chaque jour, des miracles sont réalisés pour permettre au programme opératoire d’être effectué ; je me rappelle de ces passages aux urgences regardant les équipes prendre en charge les patients avec humanité en dépit de locaux vétustes et peu adaptés ; l’image d’une de nos kinésithérapeute m’expliquant combien il était difficile de prendre en charge tous les patients compte tenu des effectifs limités, je voyais à travers ses mots toute l’humanité et le dévouement qu’elle mettait chaque jour à prendre en charge ces patients ; je repense aussi à ces journées passées en médecine interne, chirurgie viscérale et chirurgie orthopédique où, à chaque fois, j’ai vu des professionnels manifestant une volonté sans cesse renouvelée de prendre soin des patients.

À chacune de ces scènes, je n’ai pas le sentiment d’avoir eu en face de moi des professionnel·le·s déshumanisé·e·s. Au contraire, j’ai cette sensation d’avoir avec moi des personnes investies, ayant un sens aigu du service public, souhaitant donner chaque jour leur maximum pour que les patients que nous accueillons soient pris en charge de la meilleure des manières possibles, faisant preuve chaque jour d’un peu plus d’inventivité pour résoudre les problèmes rencontrés. Je tenais par conséquent à vous remercier, chacun d’entre vous, pour l’investissement que vous mettez au quotidien à exercer votre métier. Quand je vous regarde, je sais pour quelle raison j’ai choisi ce métier de directeur d’hôpital.

Pour autant, il ne s’agit pas de nier les problématiques quotidiennes auxquelles nous sommes confrontés, la pénibilité accrue de nos métiers, les tensions induites par une contrainte budgétaire de plus en plus forte, ce sentiment parfois ressenti de ne pas pouvoir exercer pleinement notre métier, cette sensation de ne pas toujours être écouté, ce sentiment de dégradation de la qualité de la prise en charge… Je vous rassure, je ne vis pas dans « le monde des bisounours » comme je me plais souvent à le dire, je suis ancré dans cette réalité que je vis avec vous. Je souhaite juste rappeler à chacun d’entre vous qu’on peut regarder cette réalité à travers deux prismes : soit s’éterniser sur ses difficultés, soit valoriser les évènements positifs et travailler chaque jour à apporter des solutions à nos problématiques.

La première voie conduit à mon sens à la désespérance, la seconde me semble de nature à nous permettre d’envisager l’avenir avec une plus grande sérénité. Antoine de Saint Exupéry disait, « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ». J’ai cette conviction que pour le rendre possible, le choix de cette seconde voie est inévitable d’autant qu’à l’hôpital nous ne manquons pas d’imagination. Continuons donc à être créatif et ne nous laissons pas aveugler par cette désespérance ambiante.

 

La cérémonie des voeux s’est déroulée sur le site de Saint-Germain puis sur le site de Poissy. Outre Sylvain Groseil, ont pris la parole sur l’un ou l’autre site : la professeure Jacqueline Selva, présidente de la commission médicale, le docteur Jean-Christophe Séguier, vice-président de la CME, Arnaud Pericard, vice-président du conseil de surveillance (CS), maire de Saint-Germain et Karl Olive, président du CS, maire de Poissy.

 

Travailler chaque jour à apporter des solutions à nos problématiques

Il me semble nécessaire de mettre fin à quelques idées reçues qui contribuent à tendre inutilement les relations en interne. L’hôpital public n’a pas vocation à générer du profit, juste à tenter de couvrir ses dépenses par un niveau de recettes équivalentes ; les directeurs d’hôpitaux ne sont pas obnubilés par la réduction permanente des effectifs, ils tentent dans un environnement contraint d’adapter les moyens humains affectés au niveau d’activité en s’appuyant sur l’expertise des professionnels. Pierre Mendès France disait que « Parler le langage de la vérité, c’est le propre des véritables optimistes ». Inscrivons-nous donc dans la voie tracée par Pierre Mendès France en évoquant la situation budgétaire de l’établissement.

Le dernier plan de retour à l’équilibre a été amorcé début 2014, avec pour axe prioritaire la maîtrise des charges. Les restitutions de postes portaient à la fois sur le personnel médical (-15 équivalents temps plein, ETP) et non médical (-150 ETP). Les différentes actions conduites ont permis à l’établissement de renouer avec l’équilibre dès 2014 (+2,9 M€, hors aide sur l’activité principale), qui s’est confirmé en 2015 (+2,7 M€) et 2016 (+1,9 M€).

La situation financière s’est assainie, avec :

• une dette à long terme réduite, de 89 M€ fin 2013 à 77 M€ fin 2017 même si son endettement relatif reste néanmoins élevé,
• une trésorerie excédentaire depuis 2014 alors qu’elle était de -31 M€ en 2011.

Ce retour à l’équilibre budgétaire et financier, rapide et confirmé, a contribué tout autant que le projet médical de l’établissement à l’accord du COPERMO (comité interministériel pour la performance et la modernisation de l’offre de soin) sur le schéma directeur immobilier du CHIPS dont nous avons posé la première pierre il y a quelques jours.

L’état prévisionnel des dépenses (EPRD) 2017 a été présenté avec un excédent prévisionnel sur l’activité principale de +0,8 M€. Il était escompté une stabilité des recettes d’activité d’hospitalisation de médecine-chirurgie-obstétrique (GHS et suppléments) au niveau atteint sur l’exercice 2016. Sur les charges, il était anticipé une maîtrise des charges salariales et d’exploitation ainsi qu’une forte baisse des charges financières et des amortissements.

 

Notre activité se transforme : moins d’hospitalisation traditionnelle, plus d’ambulatoire

Le suivi infra-annuel en 2017 fait apparaître une dégradation du résultat à -3,1 M€, s’expliquant aux trois-quarts par une diminution des produits liés à l’activité, et pour un quart par la masse salariale non médicale. La baisse des produits liés à l’activité s’explique, pour une part, par des éléments conjoncturels :

• fermeture du service de médecine interne sur le site de Saint-Germain-en-Laye,
• pénurie d’effectifs médicaux et non médicaux en anesthésie conduisant à une fermeture de salles opératoires et donc à une baisse de l’activité chirurgicale.

De manière plus structurelle, on constate une transformation de notre activité avec une diminution de l’hospitalisation traditionnelle et une augmentation de l’activité ambulatoire.

Pour l’année 2018, l’établissement propose à l’ARS (agence régionale de santé) un EPRD prévoyant un résultat de -2 M€ sur l’activité principale, avec pour objectif le retour au niveau d’activité de l’année 2016, grâce notamment à l’ouverture d’un second service de médecine gériatrique de 20 lits sur le site de Saint-Germain.

La situation budgétaire de l’établissement se dégrade à nouveau, de nombreux efforts ont d’ores et déjà été réalisés par l’ensemble de la communauté hospitalière, nous en avons parfaitement conscience. Pour autant, l’établissement se doit de maintenir une situation budgétaire équilibrée sur la période intermédiaire avant l’ouverture du nouveau bâtiment en 2020. Il pourra alors bénéficier du retour sur investissement du projet.

C’est pourquoi les discussions relatives à certaines réorganisations doivent être poursuivies et intensifiées afin de permettre à l’établissement d’adapter sa structure au volume d’activité constaté. Les efforts réalisés pour professionnaliser et optimiser le codage doivent être consolidés. Notre plan d’actions, visant à renforcer l’attractivité de l’établissement, doit être mis en oeuvre dans toutes ses dimensions. Nos réflexions doivent s’inscrire dans une démarche territoriale tout en gardant à l’esprit que la recherche de l’équilibre budgétaire n’est pas une fin en soi mais demeure un moyen permettant à l’établissement de poursuivre ses nombreux projets. Par le passé, l’établissement a trop souvent pâti d’une situation budgétaire catastrophique l’empêchant d’investir et de réaliser des projets. Alors continuons à demeurer sous la bonne fée de l’équilibre budgétaire.

 

Une dynamique de projets favorable en 2017 et en 2018

 

En 2017, l’expertise de l’établissement a été plébiscitée dans la mesure où le CHIPS a été reconnu comme centre de compétences et de ressources pour la sclérose en plaques (SEP), comme centre de compétences pour les syndromes drépanocytaires en pédiatrie, comme centre de référence des anomalies du développement et du syndrome malformatif.

Cette année a également été le cadre de nombreux appels à projet auxquels l’établissement a répondu et obtenu des réponses favorables : développement de la chirurgie ambulatoire en lien avec les professionnels de ville, soutien à la mise en oeuvre des démarches qualité visant à sécuriser le parcours patient au sein d’un groupement d’établissement de santé en pédiatrie, création d’hôtels hospitaliers afin de favoriser le développement de la chirurgie ambulatoire, accompagnement dans la maîtrise des risques liés au circuit des poches de nutrition parentérale destinées aux services de néonatalogie, réanimation, soins intensifs et pédiatrie.

L’activité de recherche a également été soutenue par l’institution comme en témoigne notamment le recrutement d’un poste de technicien d’études cliniques (TEC) ainsi que la signature d’une convention avec le centre hospitalier de Mantes-la-Jolie. En matière de performance, et comparés aux 197 autres établissements de sa catégorie (hors centres universitaires), le CHIPS est en progression et se place à la 13e position pour ses publications (score SIGAPS), à la 6e place pour les essais cliniques (score SIGREC) et à la 14e place au titre du score enseignement. Il se hisse à la 13e place au regard de son score global.

De nombreux travaux ont été initiés cette année afin d’améliorer les conditions d’accueil de nos patients et des professionnels de l’établissement : la nutrition parentérale, la médecine interne, les ascenseurs, la mise en oeuvre de la phase 1 du schéma directeur de sécurité incendie.

Il est également nécessaire de rappeler que cette année a été marquée par l’ouverture d’un hôpital de jour pour la prise en charge de l’obésité et le fait que les laboratoires ont satisfait aux obligations du comité français d’accréditation (COFRAC). L’année 2018 sera également fructueuse. Deux axes ont été priorisés :

• le développement d’activités à travers l’ouverture d’un second service de court séjour gériatrique, la création d’une unité de surveillance continue en pédiatrie, l’installation de deux nouveaux scanners sur le site de Saint-Germain-en-Laye ;
• la poursuite des travaux priorisés par l’institution : la réhabilitation des urgences, la refonte des chambres d’isolement en psychiatrie, le démarrage des travaux pour le circuit court en ambulatoire, la mise en oeuvre des travaux d’extension au laboratoire.

 

Le CHIPS, Centre Hospitalier Intercommunal de la Patience et de la Sagesse

Pour conclure, je tenais à remercier l’ensemble de mes collaborateurs qui m’accompagnent chaque jour dans mon exercice professionnel. J’ai pour habitude d’expliquer à mes équipes qu’un chef ne brille que par la qualité de ses collaborateurs. Dans cette optique, je peux vous assurer que vous bénéficiez d’une équipe administrative de qualité qui permet à l’établissement d’améliorer chaque jour ses process administratifs.

Le centre hospitalier est souvent appelé par l’acronyme à dimension culinaire «CHIPS». Quand on se penche sur son histoire, on pourrait aussi le surnommer le Centre Hospitalier Intercommunal de la Patience et de la Sagesse.

La patience… Depuis sa fusion en 1997, plusieurs projets se sont succédé afin de faire émerger un seul et même établissement sur un site unique. Sur chaque projet, la communauté hospitalière s’est fortement investie. Pourtant, à chaque fois, la déception prédominait dans la mesure où chaque projet échouait pour diverses raisons. Sous l’impulsion de sa présidente de commission médicale d’établissement (CME), un nouveau projet médical a été adopté en avril 2013, structuré autour d’une répartition claire et cohérente des activités médicales entre les sites hospitaliers de Poissy et de Saint-Germain-en-Laye, selon une logique « chaud » et « froid ».

Grâce à un plan de retour à l’équilibre réaliste, l’établissement a également renoué avec une trajectoire budgétaire et financière lui permettant d’avoir des moyens en cohérence avec son ambition. Ainsi, après avoir réussi chacune des étapes imposées dans le cadre de la procédure du COPERMO, l’établissement a obtenu l’accord du ministère de la Santé pour enclencher les travaux permettant la livraison, au printemps 2020, d’un bâtiment médico-technique d’une valeur de 70,2 M€, financé pour moitié par le ministère de la Santé et par l’ARS d’Ile-de-France. L’autre moitié est financée par l’établissement. Il aura donc fallu 23 ans pour que l’établissement puisse enfin voir sortir de terre ce bâtiment tant espéré dont la première pierre a été posée en début de semaine… « La patience est un art qui s’apprend patiemment » a dit Grand Corps Malade.

La sagesse… en proie à de nombreuses tensions internes, l’établissement a dû faire face à des crises qui ont émaillé son histoire. On a très souvent opposé les différentes communautés Pisciacaises et Saint-Germanoises conduisant d’aucuns à considérer que cette fusion constituait un échec. Pour autant, grâce à l’action sans cesse renouvelée de nombreux acteurs de cette communauté, et en particulier de sa présidente de CME, ces divergences ont été dépassées, un projet commun a été validé constituant le ciment liant cette communauté pour les années à venir. L’établissement a appris de ses différentes expériences et a choisi la voie de la sagesse.

Mon prédécesseur - et ami, disait souvent que lorsque les astres sont alignés, il convient d’en profiter car la réussite est au bout du chemin. Il me semble qu’après de nombreuses années difficiles, le CHIPS bénéficie enfin d’un alignement des astres lui permettant d’envisager l’avenir sereinement en gardant toujours à l’esprit que patience et sagesse permettent la réussite, la pose de cette première pierre matérialisant l’entrée dans cette nouvelle ère. L’établissement est donc à un carrefour de son histoire, je suis convaincu qu’il saura faire les bons choix et qu’il continuera à rayonner sur son territoire grâce à l’aide et à la clairvoyance de chacun d’entre vous.

Charles Trenet disait qu’« Il faut garder quelques sourires pour se moquer des jours sans joie ». Alors emmagasinons beaucoup de sourires en cette année 2018, cela nous permettra d’aborder nos difficultés quotidiennes en étant optimiste sur notre capacité à les résoudre.

 

Les médaillé·e·s de 2018

Florian ABADIE, Halima BELHADJ-ADDA, Silvia CANDINI, Sylvie CAPELIER, Jean Pierre CHAVANT, Nicole CLAVREUL, Claudie DOUAY, Fabrice EVRARD, Christiane FARROCO, Louisette GAILLARD, Sandra GRYSON, Annick LAFOSSE, Dominique LE FLOCHMOËN, Françoise LE MAOUT, Sylvie LEFRANÇOIS, Ghislaine LOSAT, Marie France MANNOURY, Dominique MONGIN, Cécile RIGOLOT, Odile ROUILLARD

 

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Contact : servicecommunication@chi-poissy-st-germain.fr
Photos © Jacques Paray @ Ville de Poissy

 

 

 

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